Sous la forme de maquettes, de films ou d’installations sonores, l’œuvre d’Hugues Decointet est définie par lui comme des « suites », c’est-à-dire de prolongements d’œuvres préexistantes, principalement littéraires, théâtrales et cinématographiques. On pourrait également la définir comme un ensemble de fugues, au sens musical du terme, variations autour d’un motif préétabli, où la forme plastique et le langage s’entrecroisent.

Decointet travaille entre description et impression, entre la précision d’une restitution (la maquette d’un espace scénique, en tant que « modèle » ou « schéma ») et l’interprétation, qui élargit l’œuvre préexistante à son hors-champ, à la périphérie d’une image.
Il a ainsi travaillé à imaginer ce qu’aurait pu être le film Blanche Neige du cinéaste portugais João Cesar Monteiro, tiré d’une pièce de théâtre de Robert Walser, si le cinéaste n’avait au moment du tournage décidé de recouvrir l’objectif de la caméra par son manteau. Dans le prolongement de ce film, réalisé avec une partie des acteurs originaux, Hugues Decointet s’est lancé dans l’adaptation de Deux ou trois chinoises, un scénario inachevé de Monteiro, également inspiré d’un texte de Walser.

Drama Vox, une installation sonore présentée à la galerie Air de Paris en 2013, prend comme point de départ la tentative de description d’une voix, à partir d’un texte de Samuel Beckett. À l’impossibilité de décrire avec des mots la qualité d’une voix, il réalise une sculpture, inspirée des machines bruitistes du futuriste Luigi Russolo, qui diffuse des voix d’écrivains, mais uniquement leur « texture » sonore, en-deçà du langage. Hugues Decointet est également en charge de la Guy de Cointet Society, dont il accompagne notamment les nouvelles mises en scène de ses œuvres théâtrales.

 

Francois Piron, Introduction pour une conférence à l’Ensba-Lyon, 25 mars 2015

In the form of architectural models, films or sound installations, Hugues Decointet’s work has been defined by himself as “suites”, in other words extensions of pre-existing works, which are mainly literary, theatrical or cinematographic. It could also be defined as a series of fugues, in the musical sense of the term, or variations on a pre-established motif, in which graphic form and language are intermingled.

Decointet works between description and impression, between the precision of a reconstitution (the mock-up of a stage set, as a “model” or “schema”) and interpretation, which broadens a pre-existing work into being “off-camera”, across the periphery of an image.
For example, he has worked on imagining what might have been the film Snow White by the Portuguese director João Cesar Monteiro, inspired from a play by Robert Walser, if the filmmaker had not decided, on the moment of shooting it, to cover the camera lens with his coat. In the extension of this film, made with some of the original cast, Hugues Decointet set off into an adaptation of A Few Chinese Women, an unfinished scenario by Monteiro, also inspired by one of Walser’s texts.

Drama Vox, a sound installation presented at the gallery Air de Paris in 2013, adopts as its departure point attemps to describe a voice, starting with a text by Samuel Beckett. Based on the impossibility of describing with words the quality of a voice, he has produced a sculpture, inspired by the noise machines of the futurist Luigi Russolo, which broadcasts the voices of writers, but only in their sound “texture”, beyond language. Hugues Decointet in particular directs the Guy de Cointet Society, accompanying above all new productions of the theatrical works.

 

Francois Piron, Introduction pour une conférence à l’Ensba-Lyon, 25.03.2015

Crédits

Grafic design by Aline Girard

Editorial process by Hugues Decointet

Translations from the French by Ian Monk

Thanks to Ibéa Atondi, Mehdi Belhaj Kacem, Marie de Brugerolle, Mathieu Capel, Pascale Cassagnau, Karim Chouikrat-Marcinkowski, Vanessa Desclaux, Entre2prises, Damien Mac Donald, Marylène Malbert, Emmy de Martelaere, Audrey Pédron, François Piron, Sarah Vermande.

© Hugues Decointet 2017

Sous la forme de maquettes, de films ou d’installations sonores, l’œuvre d’Hugues Decointet est définie par lui comme des « suites », c’est-à-dire de prolongements d’œuvres préexistantes, principalement littéraires, théâtrales et cinématographiques. On pourrait également la définir comme un ensemble de fugues, au sens musical du terme, variations autour d’un motif préétabli, où la forme plastique et le langage s’entrecroisent.

Decointet travaille entre description et impression, entre la précision d’une restitution (la maquette d’un espace scénique, en tant que « modèle » ou « schéma ») et l’interprétation, qui élargit l’œuvre préexistante à son hors-champ, à la périphérie d’une image...


Hugues Decointet est également en charge de la Guy de Cointet Society, dont il accompagne notamment les nouvelles mises en scène de ses œuvres théâtrales.

 

Francois Piron, Introduction pour une conférence à l’Ensba-Lyon, 25 mars 2015

In the form of architural models, films or sound installations, Hugues Decointet’s work has been defined by himself as “suites”, in other words extensions of pre-existing works, which are mainly literary, theatrical or cinematographic. It could also be defined as a series of fugues, in the musical sense of the term, or variations on a pre-established motif, in which graphic form and language are intermingled.

Decointet works between description and impression, between the precision of a reconstitution (the mock-up of a stage set, as a “model” or “schema”) and interpretation, which broadens a pre-existing work into being “off-camera”, across the periphery of an image...


Hugues Decointet in particular directs the Guy de Cointet Society, accompanying above all new productions of the theatrical works.

 

Francois Piron, Introduction to a talk at Ensba-Lyon, 25 march 2015