En découvrant un courrier de Le Corbusier adressé à Albert Camus dans lequel l'architecte explique être «habité par l'idée de la Boîte à Miracles » - une idée de construction d'un théâtre - Hugues Decointet décide d'interpréter ce dispositif qui traverse depuis longtemps déjà son œuvre... Comme la boîte contient le nécessaire à produire les œuvres, le décor anticipe l’action, il est le prélude à ce qui doit advenir.

On discovering a letter from Le Corbusier to Albert Camus in which the architect explains that he is “inhabited by the idea of a Mystery Box”, - an idea how to build a theatre - Hugues Decointet decided to interpret this device, which had been lurking in the background of his own work for some time... Just as the box contains what is required to produce the pieces, the set anticipates the action, as a prelude to what is to happen.

On discovering a letter from Le Corbusier to Albert Camus in which the architect explains that he is “inhabited by the idea of a Mystery Box”, Hugues Decointet decided to interpret this device, which had been lurking in the background of his own work for some time.

 

By extending this idea, which Le Corbusier seems to have tried to introduce into his projects on a number of occasions, without ever succeeding in so doing, Hugues Decointet has produced an initial model of this Mystery Box, as a prelude to an ongoing series. While the architect saw it as a modern application of the Greeks’ deus ex machina (miracle involving stage lighting, levitation, prop-shifting, sound, etc…), the artist has adopted it as tool box in order to conceive of a show of the same name. It is at once the basis and keystone of the project, the departure point and centre of cohesion for all the surrounding elements. It poses the question of stage sets, then dialogues with the pieces deployed around this question, which are, each in their own way, the means required to produce a show: backdrops used in the cinema, scenic directions, the stage and its props, projections, without forgetting the playwright’s voice.

 

These Models allow Hugues Decointet to stage two key elements in his work – the box and the set – which here find a contact point thanks to an idea close to Le Corbusier’s obsession. Just as the box contains what is required to produce the pieces, the set anticipates the action, as a prelude to what is to happen. The artist’s entire approach revolves around this possibility of an action, a play, an artwork.

 

Marylène Malbert, Boîte à Miracles, for the show Made in Town, Paris, May 2013.

BOÎTE A MIRACLES, MODELES — 2013

MYSTERY BOX, MODELS

Installation

Model made with cardboard and wood, gelatine filters, acrylic and photocryl painting, black light, table.

124 x 75 x 75 cm

Exhibition curated by Marylène Malbert, Made in Town, Paris, 2013

Courtesy Fondation Le Corbusier, Paris

En découvrant une lettre de Le Corbusier adressé à Albert Camus dans lequel l'architecte explique être « habité par l'idée de la Boîte à Miracles », Hugues Decointet décide d'interpréter ce dispositif qui traverse depuis longtemps déjà son oeuvre, en creux.

 

Prolongeant cette idée que Le Corbusier aura maintes fois tenté d’introduire dans ses projets sans jamais parvenir à la construire, Hugues Decointet réalise un premier modèle de Boîte à Miracles, prélude d’une série à venir. Si l’architecte y voyait une application contemporaine du deus ex machina grec (les miracles concernant les dispositifs de lumière, levage, manutention, son, etc…), l’artiste se l’approprie comme une boîte à outils pour concevoir une exposition éponyme. Elle est à la fois la base et la clef de voûte du projet, le point de départ et le lieu de cohésion de toutes les pièces environnantes. Elle pose la problématique du décor et dialogue avec les œuvres déployées autour qui questionnent, chacune à leur façon, les moyens de faire spectacle : les découvertes utilisées dans le cinéma, les indications scéniques, le plateau et ses accessoires, la projection, jusqu’à la voix du dramaturge.

 

Ces Modèles permettent à Hugues Decointet de mettre en scène deux éléments clefs dans son travail - la boîte et le décor - qui trouvent ici un point de contact au gré d’une idée proche de l’obsession chez Le Corbusier. Comme la boîte contient le nécessaire à produire les œuvres, le décor anticipe l’action, il est le prélude à ce qui doit advenir. Tout se joue chez l’artiste dans cette possibilité d’une action, d’une pièce, d’une œuvre d’art.

 

Marylène Malbert, Boîte à Miracles, exposition à Made in Town, Paris, mai 2013.